L’Uruguay vu de l’intérieur. Épisode 1 : combien coûte un accouchement en Uruguay ?
Anna Bamburova
- #2026
- #Anna Bamburova
- #teletype
- #welcometouruguay
L’Uruguay est devenu un État laïque en 1918, avant la plupart des pays européens. La naissance d’un enfant y est considérée comme un événement familial, et non religieux. Aucun baptême obligatoire, aucune inscription dans les registres religieux, aucune tradition à respecter sous la pression sociale. Chaque famille agit comme elle l’entend.
Le choix de la maternité
Selon le Numbeo Quality of Life Index 2025, l’Uruguay occupe la première place en Amérique latine pour la qualité de vie. Le système de santé est l’un des facteurs clés pris en compte dans ce classement : celui de l’Uruguay figure régulièrement parmi les quatre meilleurs de la région, aux côtés de ceux du Chili, du Costa Rica et de Cuba, selon la Conférence interaméricaine de sécurité sociale.
Les maternités de Montevideo se répartissent entre les établissements publics du système ASSE (le système public de santé uruguayen) et les cliniques privées. Les maternités publiques sont gratuites pour les personnes qui disposent d’une mutualista (assurance maladie privée) ou d’une assurance publique.
Les cliniques privées proposent une chambre individuelle où le mari peut rester avec sa femme pendant toute la durée de l’accouchement et passer la nuit auprès d’elle. Un accouchement dans une clinique privée coûte environ 3 000 $ ; cette somme comprend l’assurance et la chambre individuelle. Pour les étrangers, la Clínica Española est l’une des options les plus abordables.
Le personnel médical uruguayen est attentif : il explique ce qui se passe et apporte son soutien tout au long du processus. Dans les maternités publiques russes, cet accompagnement dépend de l’établissement ; ici, c’est la norme.
Si vous prévoyez d’accoucher en Uruguay, il est préférable d’arriver trois à quatre mois avant la date prévue. Ce délai suffit pour ouvrir un dossier de suivi de grossesse et trouver un gynécologue par l’intermédiaire d’une mutualista. Les délais pour consulter un spécialiste peuvent être longs ; mieux vaut ne pas attendre.
Congé de maternité
Depuis le 1er janvier 2026, de nouvelles règles sont en vigueur en Uruguay. Les mères salariées du secteur privé bénéficient de 14 semaines de congé de maternité rémunéré. Le BPS (équivalent du Fonds social russe et organisme public d’assurance sociale) verse 100 % de la rémunération moyenne des six derniers mois. Le congé commence six semaines avant l’accouchement.
Le père bénéficie de 20 jours de congé rémunéré : trois sont pris en charge par l’employeur et les 17 autres par le BPS. En cas de naissance de jumeaux ou d’un enfant prématuré, le congé de la mère est porté à 18 semaines et celui du père à 30 jours.
Documents
Une attestation de naissance est délivrée à la maternité. Il faut la présenter au Registro Civil le plus proche (l’équivalent du bureau d’état civil russe) pour faire établir l’acte de naissance. Il faut ensuite prendre rendez-vous auprès de la DNIC (Direction nationale de l’identification des citoyens) afin d’obtenir la cédula, la carte d’identité uruguayenne, analogue au passeport russe. Pour les enfants de moins de 9 ans, la cédula est délivrée le jour même.
Les parents choisissent eux-mêmes le prénom de leur enfant. La législation uruguayenne est libérale en la matière : les prénoms russes, européens ou autres sont acceptés sans restriction.
Nationalité
L’article 74 de la Constitution uruguayenne consacre le principe du droit du sol : toute personne née sur le territoire du pays acquiert la nationalité, quelle que soit celle de ses parents. Peu importe le statut de la mère et du père au moment de l’accouchement.
Le passeport uruguayen permet d’entrer sans visa dans 149 pays, dont ceux de l’espace Schengen. Les parents d’un nouveau-né peuvent obtenir la résidence permanente selon une procédure simplifiée et demander la nationalité après trois ans de résidence dans le pays. Les enfants plus âgés nés hors d’Uruguay doivent suivre séparément la procédure ordinaire, avec le délai standard de naturalisation.
Comment accueille-t-on un nouveau-né ?
En Uruguay, la naissance d’un enfant ne s’accompagne pas de rituels ostentatoires. La baby shower (une fête organisée en l’honneur de l’enfant à naître, lors de laquelle les invités apportent des cadeaux pour le bébé) gagne peu à peu du terrain dans les villes, mais reste facultative. Après l’accouchement, les proches se réunissent à la maison et apportent des cadeaux pour le bébé ainsi que quelque chose de bon pour la mère.
Le baptême se pratique. Environ 45 % des Uruguayens se disent catholiques, mais les catholiques pratiquants sont nettement moins nombreux. Beaucoup font baptiser leurs enfants par tradition familiale. De nombreuses familles s’en passent toutefois complètement.
Autre détail qui surprend beaucoup de personnes installées dans le pays : il n’est pas d’usage de donner des conseils non sollicités sur la manière de s’occuper d’un enfant. L’intimité de la jeune famille est respectée.
L’essentiel
L’Uruguay accueille tous les nouveau-nés de la même manière, quelle que soit la nationalité de leurs parents. Les documents s’obtiennent sans obstacles inutiles, l’État soutient financièrement la famille pendant les premiers mois et les soins sont accessibles dès le premier jour. Le prochain épisode sera consacré aux crèches en Uruguay. L’État y accueille gratuitement les enfants dès l’âge de 45 jours. Nous vous expliquons comment cela fonctionne et à quoi vous attendre.